Le Laveur de visages / Récit de la résidence de création

Retour sur la résidence de création du Laveur de visages à Montpellier (juillet 2010).


fly laveurLe théâtre du Hangar nous avait laissé les clefs : n'oubliez pas de déclencher l'alarme quand vous sortez. 

C'est fin juin 2010 et nous voilà à Montpellier pour presque un mois. 

Une résidence.

Une résidence de création.

Une résidence de création sans argent.

Donc nous dormons... au théâtre.

Dans les loges.

Thierry dans la loge à jardin.

Moi dans la loge à cour.

Sous les toits.

Du hangar.

Quel temps faisait-il cet été là ?

Chaud.

Ca j'en suis sûr.

Un matelas à terre, une fenêtre qui ouvre sur... la boîte noire du plateau.

On va être en immersion. 

On va manger théâtre, on va rêver théâtre, on va devenir dingue.

Pour cette résidence nous sommes 2.

L'acteur et le metteur en scène.

Pour cette résidence nous allons tester tous azimuths. 

Expérimenter c'est le maître mot.

Faire l'épreuve du plateau.

Ca commence avec un balai.

Quelques jours plus tard Thierry jette des pots de peintures sur une grande bâche et puis il se jette lui-même dans la peinture.

Quelques jours plus tard, finie la bâche.

Retour de la serpillère.

On fait des flaques.

Myriam, à la scéno, passe nous voir de temps en temps.

On va tous les trois au supermarché. On explore en experts le rayons des produits ménagers. 

Je craque sur un lot de serpillère, Thierry opte pour un masque anti-poussière, Myriam achète un nouveau balai à poils longs.

Le midi nous avons notre cantine.

Les filles.

Chez les filles.

On mange des salades.

Par cette chaleur impossible de manger autre chose.

Il y a la plage aussi.

Pas loin.

Moins de trente minutes de bus.

Une fois, après une journée à renifler bâche et peinture, je me paie la virée. 

Plonger dans l'eau fraîche, sentir le sable sous la plante de ses pieds ; je suis ailleurs, loin du théâtre, sauvé.

On a une terrasse.

Au théâtre.

Au-dessus de l'atelier de couture de Françoise.

Un morceau de toit dans ce vieux quartier populaire de Montpellier : Boutonnet. 

On regarde les martinaux en buvant du rosé.

Parfois on craque, on s'engueule.

- Où est-ce qu'on va ?

- Je ne sais pas mais on y va.

- Tu es sûr qu'on y va ?

- Il faut avancer.

- J'ai l'impression qu'on se disperse.

- Un jour ou l'autre tout cela prendra son sens.

Une pause dans ce mois de résidence.

Thierry doit remonter à Paris.

J'en profite pour aller dans le Luberon.

2 jours dans la campagne, le vert, l'eau bleue d'une piscine.

La vie est simple.

Tous ces enjeux : comprendre le monde, déplier un texte, donner de soi dans tout ça ; jamais facile.

C'est l'été, la France entière est au repos, ça donne des idées.

Retour au Hangar.

Travail, travail, travail, ça bouge.

Le soir nous allons regarder des matchs de la coupe du monde de foot sur des télés, à la terrasse des bars.

L'effervescence de cet événement mondial face à notre travail de fourmis dans notre coin.

Nous constituons un objet fragile, dans un lieu hors du monde et destiné à une petite diffusion. C'est un art / artisanat.

Photos du spectacle : 

http://lacompagniedesfils.wix.com/lacompagniedesfils