Mise en lecture du texte Le Champ de Pavel Priajko au festival Regards croisés

Quelle délicieuse aventure à chaque fois ! Cette année, je mettais en lecture un texte de pavel Priajko avec les étudiants comédiens de l'ENSATT. Retour en textes et en images.

Le Champ, c'est une pièce qui, au départ, nous laissait un peu perplexe. La pièce raconte les va et vient d'un groupe de jeunes moissonneurs, perdus au milieu des champs de blé de Biélorussie. Le texte enchaîne de courtes saynètes apparemment anecdotiques mais qui forment au fur et à mesure une atmosphère, celle d'un rêve absurde. Les moissonneurs et leurs copines échangent d'abord sur tout et n'importe quoi (le goût des chips, les téléphones portables...). Puis tout se crispent autour d'une histoire de chaînette en or. Finalement, l'un des moissonneurs découvre que les champs qu'il moissonne depuis quinze jours ne sont pas les champs qu'il doit moissonner. Ce sont les champs de l'Europe. La pièce se clôt par une étrange retraite aux flambeaux dans les champs. Les jeunes gens se couchent sous des peaux de loups et font l'amour.

Mais au-delà de la fable, c'est le rapport même entre les personnages qui paraît essentiel dans l'oeuvre de Priajko. Dans son précédent texte, La Récolte, l'auteur explique qu'il a voulu montrer comment de jeunes urbains sont désoeuvrés quand ils doivent faire une simple récolte de pommes. Dans Le Champ, l'auteur expliquera, après la lecture, qu'il a voulu montrer de quelle manière ces moissonneurs se perdent quand leur chef (le chef du kolkhoze) est absent. C'est à nouveau cette jeunesse impotente, incapable de se donner une direction qui semble être au centre de cette nouvelle pièce. Priajko dit aussi qu'il a voulu travaillé sur la multiplication des choses. Que se passe-t-il quand un élément se multiplie (c'est le cas pour les moissonneuses batteuses qui sont bientôt en nombre infini dans le champ) ?

La mise en lecture du texte nous a permis de vérifier l'efficacité de ce texte dont certains aspects nous sont demeurés mystérieux. La difficulté fut de maintenir une énergie constante malgré la structure très fragmentaire du texte. Il était important aussi d'ancrer chaque scène très fortement dans une atmosphère et de donner aux échanges le plus de couleurs possibles. Les didascalies sont nombreuses dans le texte. Elles donnent le tempo. Il était capital de parvenir à définir leur rythme, leur rôle.

Au final, la lecture fut très bien accueillie et nous en sommes repartis très heureux. Le festival Regards croisés est toujours ce lieu de rencontres et d'échanges autour des écritures contemporaines de théâtre. On s'y sent bien. On est heureux d'y revenir chaque année. À l'année prochaine donc !

Porfolio de la soirée :

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Héloïse Lecointre.

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Romain Nicolas.

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Quentin Bardou.

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Héloïse Lecointre et Titouan Huitirc.

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Evelyne Hotier.

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Titouan Huitric.

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Théophile Dubus.

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Vanessa Bile-Audouard.

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L'auteur Pavel Priajko.

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Le traducteur Gilles Morel.

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Ma pomme et Joseph Danan au second plan, pendant la rencontre avec Pavel Priajko.